[ analyse ] Colloque IPEA : en 2022, le marché du meuble retrouve son niveau d’activité de 2019


Le Colloque annuel de l’IPEA s’est tenu le 8 décembre à Paris et en visioconférence, avec des dizaines d’acteurs et de fournisseurs du marché du meuble. Plusieurs temps forts ont marqué cette matinée d’informations et d’échanges, à laquelle a participé Univers Habitat pour vous en restituer les informations-clés. Voici un premier volet sur les résultats globaux du marché du meuble en 2022, dont le niveau d’activité est plus proche de celui de 2019 que de celui de 2021. D’autres synthèses suivront sur les segments du marché, les perspectives 2023 et l’évolution des ventes d'occasion.

Par Anthony Thiriet

publié le Jeudi 08 Decembre 2022

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L’Institut de Prospection et d’Études de l’Ameublement, IPEA ou Institut de la Maison, a réuni des représentants du secteur et la presse pro pour son état des lieux annuel du marché du meuble et de la décoration en France. La matinée a commencé par un bilan de l’année 2022, dressé par Stéphane Larue, directeur des études de l’IPEA, à partir de données de fin octobre et d’estimations pour les 2 derniers mois. Les chiffres sont le fruit d'études réalisées par l'IPEA auprès de 37 enseignes réalisant 60 % du CA du marché, d’une centaine de magasins indépendants et d’un panel de consommateurs représentatif de la population française.

+ 1,7 % de CA en 2022 pour le marché du meuble
L’expert a rappelé l’excellente dynamique du marché du meuble en 2021, avec + 14,2 % de CA, grandement liée aux effets de rattrapage face au contexte et aux fermetures de 2020. « En 2022, nous ne sommes pas du tout sur la même dynamique », a-t-il annoncé. Après un fort recul sur les 3 premiers mois, le secteur a connu « un énorme effet de rattrapage en avril », mais affiche une faible progression depuis septembre. Avril sauve donc l’année en cumul et « permet au marché de se maintenir au-dessus de la ligne de flottaison », a commenté l’expert de l’IPEA. Au final, le secteur du meuble devrait finir entre + 1,5 % et + 2 % de CA en 2022, l’estimation retenue par l’IPEA étant + 1,7 %. « C’est une meilleure performance que celles du bricolage, de l’électroménager et de l’audio-vidéo par rapport à 2021. Et le meuble fait mieux que le PEM-GEM et l’audio-vidéo vs 2019 », a commenté Stéphane Larue.

L’inflation cache la baisse de performances vs 2021
L’expert a rappelé qu’à part quelques années atypiques comme 2007 (+ 7 %) et 2021 (+ 14 %, effet rattrapage), le marché du meuble n’affiche historiquement pas de grandes dynamiques, ni positives ni négatives. Est-ce un constat rassurant face à la faible évolution de cette année ? Le croise serait ne pas considérer un élément clé de 2022 : la croissance est fortement tirée par les hausses de prix réalisées par les enseignes, en répercussion de l’inflation (+ 4,2 % sur les produits manufacturés en octobre, + 7,8 % sur l’équipement du foyer et + 8,5 % sur l’ameublement d’intérieur). De quoi relativiser les + 10 % de CA enregistrés par le marché du meuble entre 2019 et 2022. « Le niveau d’activité, en volume, est finalement plus proche de celui de 2019 que de celui - assez exceptionnel - enregistrée en 2021 », résume Stéphane Larue. Et l’expert de rappeler une conséquence concrète : « Qui dit hausse de prix dit arbitrage côté ménages. Le panier moyen augmentant dans chaque catégorie de dépense, les consommateurs doivent faire des choix dans leurs dépenses… »

Un marché impacté par le ralentissement de l’immobilier neuf
Le directeur des études de l’IPEA a ensuite rappelé que le marché du meuble était fortement lié à celui de l’immobilier, tant neuf qu’ancien ; avant de préciser que les nouvelles n’étaient « pas très positives » à ce sujet. Pour les mises en chantier, les niveaux étaient extrêmement faibles fin octobre et se réduisaient même en fin d’année (- 6 % sur le dernier trimestre). La dynamique est par contre meilleure sur les permis de construire (+ 7,5 % sur 12 mois). « Il y a de l’envie et des projets, mais les délais entre le permis et la mise en chantier s’allongent fortement, notamment à cause de la hausse des coûts des matières premières et de la construction. » Autre mauvaise nouvelle, les ventes de logements neufs chutent de 16 % sur le 3e trimestre 2022, et atteignent un niveau très bas, même inférieur à ceux de 2020 et 2021. Sur l’année, la baisse est de 10 %. Les difficultés d’accès au crédit et l’incertitude généralisée sur l’avenir participent à ces résultats. « Le marché du meuble ne doit pas s’attendre à un très grand soutien de la part de l’immobilier neuf en 2023 ! » a annoncé l’expert de l’IPEA. Stéphane Larue a modéré ce pessimisme avec l’immobilier ancien, dont la situation est meilleure : « Ce marché continue à décroître (- 5,6 % sur un an fin août) ; mais le recul ne devrait pas être massif en 2023, et les volumes sont encore et resteront élevés. » Enfin une bonne nouvelle...

⫸ Retrouvez ultérieurement la suite de notre synthèse, avec des éléments sur les évolutions des segments de marché, les perspectives 2023 et la place de l’occasion dans le secteur. En attendant, n'hésitez pas à découvrir les dernières actualités d'Univers Habitat !


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